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Frise chronologique réalisée pour les 10 ans de la société ACR.Frise chronologique réalisée pour les 10 ans de la société ACR.

Un vitrail est appelé « vitrerie » si son dessin est géométrique et répétitif, exemples : les losanges, les bornes, etc.… Elle est généralement claire et sans peinture.


Un vitrail et une vitrerie se réalisent suivant le même procédé en associant le plomb et le verre.

 

Le verre utilisé est plan, d’une épaisseur variant entre 1,5 mm et 5 mm, et le plomb se présente en baguettes en forme de H couché. Les pièces de verre sont serties dans les plombs puis l'ensemble est maintenu définitivement grâce aux soudures réalisées à chaque intersection des plombs.

   

Baguettes de plomb vues de profilBaguettes de plomb vues de profil
La conception:

 

Contrairement à d’autres techniques comme la peinture à l’huile, la technique du vitrail laisse peu de place à l’improvisation pendant la réalisation.

Le dessin, la couleur, la solidité et la pérennité du vitrail…. mais surtout la qualité de la lumière qui pénètrera dans l’architecture doivent être définis en amont.

 

 

La maquette:MaquetteMaquette

 

C’est un document qui montre un aperçu détaillé d’un vitrail en le représentant à l’échelle 1/10. La maquette comporte le tracé des plombs, la coloration des verres, la peinture éventuelle et le passage des armatures métalliques. Elle sert de point de départ pour l’élaboration d’un devis. La maquette met en valeur les proportions des pièces les unes par rapport aux autres et par rapport à la taille de la fenêtre (surtout dans le cas des vitreries). La maquette sert de document de référence tout au long de la réalisation du vitrail.

 

 

La coloration:

 

Cette étape détermine l’harmonie des différents verres colorés. On choisit les verres suivant les couleurs indiquées sur les maquettes et en tenant compte de leur nature : antique, plaqué, imprimé… Les échantillons des verres sont comparés sur une verrière d’exposition pour observer le rapport des couleurs entre elles.

 

 

Carton numérotéCarton numérotéLe tracé:

 

C'est le « dessin technique » du panneau, réalisé à l’échelle 1/1 sur du papier bulle. Le réseau des plombs est tracé avec précision en utilisant la maquette comme modèle. Il est ensuite calibré pour que l’on coupe les verres. Dans le cas d’un vitrail figuratif : on procède à un agrandissement de la maquette. Si l’on possède un carton, on peut décalquer le dessin des plombs sur le papier.

 

Les pièces sont différenciées par des numéros afin d'être facilement localisées. Ces indications peuvent être le numéro de la baie, le numéro du panneau dans la baie et le numéro de la pièce dans le panneau. Elles peuvent également mentionner la référence du verre qui leur est attribuée. Une feuille de verre peut avoir des variations de valeur qui seront visibles sur les pièces. On peut donc indiquer le sens du dégradé (+/-) ou l'intensité choisie (forte, moyenne, faible).



Le calque:

 

Avant d’être calibré, le tracé est reporté sur un calque. Cette « sauvegarde » est importante pour la réalisation de futures copies ou d’éventuelles réparations de pièces cassées. Il sert aussi à positionner les pièces qui sont coupées et éviter les confusions et les pertes.

 

 

Le calibrage:Découpe des gabaritsDécoupe des gabarits

 

Après avoir réalisé le calque, le tracé est découpé méthodiquement. Le calibrage sert à conserver les mesures du panneau en tenant compte de l’assemblage verre/plomb. Il convient d’enlever l’épaisseur de l’âme du plomb (1,75mm) sur le tracé. Celle-ci est répartie de chaque côté du trait, puis enlevée. On obtient des calibres en papier fort qui servent de guide pour la coupe de chaque pièce. Il est réalisé différemment suivant le motif du panneau.

 

 

Coupe du verreCoupe du verreLa coupe:

 

La coupe des pièces est très précise car chaque défaut peut modifier le résultat, soit dans les mesures, soit dans le motif. Les calibres servent de guide pour chaque pièce et leur superposition avec les pièces doit être parfaite. On utilise un diamant (naturel ou synthétique) ou un coupe-verre (roulette de vitrier). D’une façon générale, l’action de la coupe se fait en deux temps : une rayure puis un décrochage. Si la rayure est correctement effectuée, le verre « file » et le décrochage se fait rigoureusement à cet endroit (les molécules sont séparées pour permettre ensuite la séparation). Dans tous les cas, plus le décrochage est tardif, moins il est facile car la coupe se referme ensuite peu à peu. Si la main ne peut décrocher les deux morceaux, on utilise une pince à détacher positionnée perpendiculairement au trait de coupe. Si les bords sont imparfaits après le décrochage, on les rectifie avec une pince à gruger. Pour une meilleure finition, la pierre carborundum permet d'améliorer le bord des pièces.

 

L’organisation est différente suivant le motif et le type de pièces à débiter :

Si chaque pièce est unique, on utilise individuellement chaque calibre. Ce cas s’applique souvent à des motifs calibrés aux ciseaux à trois lames. Le coupe-verre suit rigoureusement le bord du calibre sans l’empiéter.

 

Pour obtenir une pièce, il faut exécuter plusieurs traits de coupe, c’est-à-dire autant de traits que son contour en comprend. Généralement, les côtés les plus difficiles sont coupés en priorité pour éviter les pertes de temps et de matière.

Pour les pièces qui ont des creux, on procède en « coupes d’appel » qui permettent de progresser successivement vers la forme désirée.



Le sertissage:

 

Aussi appelé « mise en plomb », il commence lorsque les pièces du panneau sont coupées et qu’elles ne nécessitent plus aucun traitement de décoration (peinture, cuisson, sablage,…). Le sertissage regroupe l’ensemble des gestes pour assembler les verres et les plombs. Le « chemin de plomb » détermine son organisation. Il est étudié au préalable pour obtenir un réseau solide et logique lors du montage. Au-delà de sa fonction mécanique, le chemin de plomb dessine le motif du vitrail ; le sertissage doit donc respecter le dessin pour qu'il soit lisible.

 

    SertissageSertissageVitrail en cours de sertissageVitrail en cours de sertissage     



Les équipements et outillages :

 

 

La table de montage est le support qui va recevoir l'assemblage. Elle est en bois et reçoit deux règles clouées perpendiculairement sur ses bords. Le montage vient s'appuyer dans le coin formé à gauche ou à droite du monteur selon qu'il est gaucher ou droitier.

 Différents outilsDifférents outils

 

 Le monteur utilise des couteaux de montage de différentes largeurs qui servent à couper le plomb et à le manipuler. On peut aussi utiliser un couteau à plomb en forme de serpe. Celui-ci dispose d'une lame courbe finissant en pointe et d’un manche souvent muni d'une butée en étain pour remplacer le marteau. Le marteau sert à taper les extrémités des plombs, à planter les clous de montage, à tasser les verres dans les plombs (avec son manche) et à tasser le panneau quand le sertissage est terminé. L'ouvre plomb sert à écarter les ailes des plombs pour qu’ils accueillent les pièces. Les clous de montage servent à maintenir les pièces provisoirement lors du montage. Leur forme est conique pour ne pas écailler le verre et pour qu'ils s'enlèvent aisément.

 

 

 

Principes de mise en plomb :

 

Chaque plomb doit être légèrement aplati à son extrémité afin de pouvoir pénétrer jusqu'au cœur d'un autre déjà installé. Un plomb

 

situé entre deux verres doit être immédiatement coupé et aplati pour que le suivant puisse couvrir le montage effectué. Un plomb n'est

jamais coupé au milieu d'une pièce, le suivant vient toujours l'arrêter. Avant d’être soudées, les ailes des plombs sont rabattues à l’aide d’une spatule à rabattre pour consolider le panneau.

 

 

Le soudage :


Réalisation des soudures à l'étainRéalisation des soudures à l'étain

Lorsque tous les plombs sont assemblés, le réseau est solidarisé en faisant fondre un peu d'étain sur chaque intersection.

 

L’étain est le métal utilisé pour le soudage car il fond à une très basse température (232°C). On l'utilise sous forme de baguettes composées d'un mélange avec 40% de plomb. De l’oléine est appliquée sur chaque intersection à l’aide d’un pinceau. Cette huile sert à décaper la surface du plomb pour que la soudure adhère. Le fer à souder est un appareil qui produit de la chaleur vers une panne en cuivre.

 

 Le chevauchement des ailes des plombs est recouvert et dissimulé sous l'étain. La soudure est légèrement bombée sans être trop grosse. Sa forme est centrée sur l'intersection de façon symétrique sans être trop étalée et l’ensemble formé est homogène. La deuxième face du panneau est ensuite contresoudée à l’exception du plomb d’entourage qui ne l’est pas.

 

 

Le masticage :

 

Cette opération assure l'étanchéité et consolide le vitrail. Elle reste controversée au sein des professionnels car ses effets à long terme peuvent altérer la qualité des matériaux. Lorsque les plombs sont

 soudés, le panneau n'est pas encore hermétique. On comble les fins espaces entre les verres et les plombs à l'aide d'un mastic liquide. Celui-ci est appliqué à l'aide d'une brosse ronde pour qu'il pénètre entre les ailes des plombs et la surface du verre. Ceci nécessite un nettoyage intensif utilisant de la sciure et une brosse à chiendent.

 

  

Ce type de masticage est fortement déconseillé dans le cas d'un panneau ancien possédant des pièces peintes : on exerce alors un masticage « au doigt » à l'aide du même mastic (préparé plus ferme) ; ce qui évite un contact sur la totalité des surfaces.

Le mastic est une composition à base d’huile de lin, de blanc de Meudon (d'Espagne, de Troyes) et de siccatif(pour accélérer le séchage). Le panneau sèche ensuite selon plusieurs variantes, certains ne rabattant pas les ailes avant le masticage; on peut aussi nettoyer avec du papier journal, etc.


(Source: infovitrail)